Dans la majeure partie de l’Europe du Nord, la croyance en la chasse sauvage d’Odin était autrefois répandue.
Cet événement surnaturel était particulièrement mentionné vers la fin de l’automne et au milieu de l’hiver (Période de Jul), lorsque les tempêtes font rage.
De telles conditions climatiques, combinées à l’obscurité saisonnière, peuvent avoir contribué au développement de ce mythe.
On pensait généralement que pendant cette période, le voile entre les différents mondes devenait beaucoup plus mince, laissant aux esprits une plus grande possibilité de se manifester, à la faveur de l’obscurité hivernale.
Il existe plusieurs variantes de la chasse sauvage, mais l’idée de base était généralement la même : un chef fantomatique, accompagné d’une horde de guerriers d’outre monde et de chiens féroces, traversait le ciel nocturne dans un vacarme de hennissements et de hurlements, au milieu des vents déchaînés.
L’apparition de la chasse sauvage était considérée comme un mauvais présage, une intrusion de pouvoirs surnaturels dangereux dans la vie quotidienne. On croyait également qu’elle prédisait la mort, la faim, la maladie et d’autres catastrophes.
On croyait également que ces guerriers démoniques emportaient les âmes des morts ou des vagabonds imprudents avec eux lors de leur passage.
Même s’il n’est pas prouvé qu’Odin soit bel et bien à l’origine du mythe, avouons qu’il y est étroitement associé. Odin, dieu chamane, dieu des morts et de la bataille, dont les berseckers étaient connus pour leur frénésie au combat. C’est ce dieu que spontanément nous imaginons, chevauchant son coursier Sleipnir, menant sa horde surnaturelle à travers les cieux balayés de vents furieux, d’éclairs et de tonnerre.
Comment expliquer un tel mythe ?
La chasse sauvage d’Odin est un temps où le Ciel s’ouvre sur la Terre, balayant tout sur son passage.
J’aime à voir dans cette horde sauvage la manifestation des Éléments, nous rappelant leur force, leur puissance et la vulnérabilité de l’Homme face à leur déchaînement.
Loin de l’idée de menace ou de punition, n’est-ce pas simplement la nature qui nous rappelle que c’est dans le respect sage de sa puissance évidente que l’homme trouve sa sécurité et son harmonie ?
